Les jeunes néphrologues publient #SFNDT2018: Mosaïsme dans la polykystose rénale autosomique dominante : description de 10 cas et implications en pratique clinique

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Les jeunes néphrologues publient #SFNDT2018: Mosaïsme dans la polykystose rénale autosomique dominante : description de 10 cas et implications en pratique clinique


Le CJN s’attache à mettre en avant les travaux scientifiques de ses membres et de la jeune génération néphrologique. Durant la #SFNDT2018 les internes sont à l’honneur. Nous relayons ici le poster publié par Vinh Toan HUYNH, interne de Néphrologie à Brest, et son équipe. Félicitation à eux pour ce beau travail!

Vous pourrez assister à la communication le mercredi, à 16h27, Salle Matisse.

Mosaïsme dans la polykystose rénale autosomique dominante : description de 10 cas et implications en pratique clinique

Introduction

La PKRAD est marquée par une forte variabilité en terme d’âge de survenue de l’insuffisance rénale terminale (IRT). Chez 7 à 10% des patients, l’étude génétique ne permet pas d’identifier la mutation en cause. La survenue de mutations du gène PKD1 de novo au stade embryonnaire précoce, ou mosaïsme, a été rapportée dans la littérature chez 5 individus à ce jour, phénomène probablement sous-estimé car difficile à mettre en évidence dans l’ADN leucocytaire par les techniques de séquençage traditionnel.

Méthodes

Nous avons analysé les gènes PKD1, PKD2, GANAB, DNAJB11, UMOD, PKHD1, SEC63 et PRKCSH par séquençage de nouvelle génération (SNG) (Nimblegen, Roche) chez 170 individus PKD1 et PKD2 négatifs.

Résultats

Nous avons identifié 10 patients âgés de 36 à 74 ans, présentant des mutations mosaïques, toutes aux dépens de PKD1 (8 mutations troncantes, 2 non-troncantes), avec des fréquences alléliques variant de 5 à 15% dans l’ADN leucocytaire. La PKRAD survenait de novo chez tous les patients identifiés, avec un phénotype rénal peu sévère dans la majorité des cas (une seule patiente, porteuse d’une mutation troncante de PKD1, avait atteint l’IRT à 63 ans). Une asymétrie marquée de la taille des reins (rein droit 12cm, rein gauche 18cm), ou une polykystose hépatique sévère contrastant avec une atteinte rénale minime était rapportée chez deux patientes porteuses de mutations troncantes de PKD1, suggérant des niveaux tissulaires hétérogènes de présence des mutations identifiées. Lorsque les enfants des propositus identifiés étaient atteints de PKRAD (mutation présente dans 50% des allèles), la présentation clinique était plus typique et l’atteinte rénale plus sévère que chez le parent mosaique. Nous rapportons entre autre le cas d’une patiente de 36 ans, présentant 10 kystes rénaux bilatéraux et des reins de taille normale, chez qui le diagnostic de PKRAD a été porté à l’occasion d’une étude familiale (découverte chez son fils de 5ans de kystes rénaux bilatéraux). La mutation c.9163_9168dupCTCTTC a été identifiée par SNG à un niveau de 9%. En séquençage traditionnel, la mutation n’était pas détectable dans l’ADN leucocytaire mais retrouvée dans l’ADN salivaire. Le variant en cause était confirmé chez son fils et présent de façon équilibrée.

Conclusion

Un mosaïsme PKD1 (ou PKD2) peut être évoqué chez des patients présentant une PKRAD de novo, souvent peu sévère, ou de présentation radiologique atypique (asymétrie rénale). L’incidence de ces cas est probablement sous-estimée, le SNG permet désormais d’en établir le diagnostic avec des implications importantes en terme de conseil génétique et d’évaluation pronostique.

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