Archives du mois - octobre 2017

date/2017/10

BJN#60 L’osmolarité urinaire comme marqueur pronostique et de suivi dans la PKRAD, tout est une question de concentration

Urine Osmolality, Response to Tolvaptan, and Outcome in Autosomal Dominant Polycystic Kidney Disease: Results from the TEMPO 3:4 Trial

La polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD) est due à une mutation des polycystines 1 ou 2 (canaux calciques) situées dans les cils et à la face latérale de l’epithélium tubulaire. Il en résulte une augmentation de la production d’AMPc intracellulaire, ce qui conduit à la prolifération cellulaire et à la sécrétion de fluide qui concourent à la formation de kystes.

La Vasopressine est un inducteur majeur de la production d’AMPc via son récepteur V2R dans le tubule distal

Le Tolvaptan est une molécule aquarétique, antagoniste des récepteurs V2 à la Vasopressine. Il
diminue la sécrétion du fluide et de la prolifération cellulaire.

L’inhibition de V2R entraine une inhibition de la maladie kystique et une stabilisation voire une amélioration de la maladie existante (modèles murins).

L’étude TEMPO 3:4 est un large essai contrôlé randomisé en double aveugle contre placebo, multicentrique. Il a montré une diminution significative de la croissance kystique et de la douleur, ainsi que le ralentissement du déclin de la fonction rénale  après un traitement par Tolvaptan (Torres VE, NEJM 2012).

La prolifération kystique est lente : le déclin de la fonction rénale se fait vers la 3ème ou 4ème décade. Mais la progression se fait souvent vers l’IRCT

Par contre, la capacité à concentrer les urines est altérée précocément. L’osmolarité urinaire serait un marqueur précoce et non invasif de la maladie.

Les objectifs étaient à partir de la cohorte de TEMPO :

  • D’identifier les déterminants de l’osmolarité urinaire chez les polykystiques
  • De déterminer si l’osmolarité urinaire peut être un facteur pronostique de sévérité dans la PKRAD
  • D’identifier les facteurs influençant la réponse au Tolvaptan
  • De déterminer les événements cliniques associés aux variations l’osmolarité urinaire

Patients/matériels et méthodes

  • Sous analyse post-hoc de l’essai TEMPO 3:4 (essai de phase 3 multicentrique, randomisé en double aveugle)
  • Critères d’inclusion : Patients polykystiques entre 18 et 50 ans avec un volume rénal total > 750 ml en IRM et une Clairance > 60 mL/min
  • 1445 patients randomisés en ratio 2:1 : 961 Tolvaptan / 484 placebo. Pendant 3 ans.
  • Phase de titration du Tolvaptan les 3 premières semaines jusqu’à dose maximale tolérable (soif, polyuro-polydipsie), jusqu’à 90-30 mg. Les diurétiques étaient évités et les patients encouragés à boire.
  • Seuls les patients ayant indiqués que l’osmolarité urinaire à la randomisation était à jeun ont été inclus
  • Critère de jugement composite : dégradation clinique :
    dégradation de la fonction rénale, douleur significative nécessitant un traitement voire une intervention chirurgicale, aggravation de l’HTA, aggravation de l’albuminurie

 

Résultats

  • A la baseline : l’osmolarité urinaire est corrélée négativement à l’âge et au volume rénal et positivement au DFG
  • L’osmolarité urinaire influencée par : l’hypertension, le sexe, le volume rénal et le DFG en analyse multivariée

BJN 60 - Fig 1

  • Une osmolarité urinaire initiale plus élevée est associée à un déclin plus lent de la fonction rénale
  • Le traitement par Tolvaptan entraine une réduction de l’osmolarité urinaire de 200-250 mOsm/kg sans perte d’effet en 36 mois
  • La réponse au Tolvaptan influencée par le DFG et l’osmolarité urinaire initiale
  • Une meilleure fonction rénale et une réduction plus importante de l’osmolarité urinaire sont associées à une diminution des événements cliniques
  • Une réduction plus importante de l’osmolarité urinaire est associée à un déclin de la fonction rénale plus lent à 3 ans
  • Le déclin de l’osmolarité urinaire durant le suivi dans les 2 groupes est le reflet de l’évolution de la PKRAD et/ou des apports hydriques

BJN 60 - Fig 2

Conclusion

  • Efficacité du Tolvaptan après 36 mois
  • Les facteurs associés à la réponse au traitement sont :
    – Une diminution importante de l’osmolarité urinaire
    – Un meilleur DFG
  • L’osmolarité urinaire est un marqueur pronostique non invasif et fiable pour le suivi de la PKRAD

Ce qui supporte le lien entre la signalisation vasopressine V2R et la progression de la maladie rénale dans la PKRAD.

 

Les plus du papier

– 1ère étude large évaluant l’osmolarité urinaire à la baseline et sous Tolvaptan dans la PKRAD
– Multicentrique et internationale
– Dosage de l’osmolarité urinaire centralisé
– Indicateurs fiables de progression de la maladie : DFG, IRM rénale

 

Les critiques

  • Les patients étaient encouragés à boire abondamment, ce qui peut sous-estimer l’effet du Tolvaptan : l’augmentation des apports hydriques pourrait ralentir la maladie
  • Les osmolarités urinaires intermédiaires n’étaient pas dosées à jeun : des variations pouvant être observées durant la journée

Merci à Mickaël Bobot (Interne de néphrologie à Marseille) pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

 

Calydial (Lyon) recherche un Néphrologue

L’Association CALYDIAL recherche un néphrologue temps plein, salarié selon convention FEHAP (échelon et ancienneté).

Offre de prestations de soin diversifiée : consultations de néphrologie sur 3 centres de santé, dialyse toute modalités (Autodialyse, UDM, Centre, HD Domicile et DP), suivi de greffe et participation à la préparation à la transplantation en collaboration avec les Hospices Civils de Lyon.

Collaboration étroite avec les praticiens spécialistes, équipes libérales de proximité et médecins de ville. L’équipe médicale assure sa propre activité de néphrologie (diagnostic) et participe au suivi des patients dialysés hospitalisés aux urgences ou dans les services des établissements partenaires.

Mise en œuvre en propre d’un programme d’éducation thérapeutique (ETP) à tous les stades de la MRC.

Télémédecine et solutions innovantes en termes de suivi de la maladie rénale chronique dialysée (UDM télésurveillée, télésuivi de Dialyse Péritonéale) ou non dialysée notamment grâce à son service NeLLY : outil de télésuivi régional et multicentrique.

Equipe médicale composée de 6 médecins temps plein, et d’un médecin directeur qui participe aux activités de consultation en centres de santé. Travaillent avec une équipe pluridisciplinaire (diététicien, psychologue, assistant social, IDE) pour prendre en charge près de 250 patients sur 5 unités de dialyse et 3 centres de santé rénale.

L’équipe de néphrologues dispense également les avis néphrologiques dans les établissements dépourvus de service de néphrologie où ils sont implantés.

Contacter le Dr Agnès CAILLETTE BEAUDOIN (Médecin Directeur) au 04 28 87 38 28 ou mail : direction@calydial.org

Edit 25/11 : Poste pourvu

Le Comité Scientifique s’agrandit!

Le Comité Scientifique du CJN est heureux d’accueillir 2 nouveaux membres : Yosu Luque et Anne Sophie Garnier.

 

 

Yosu LuqueYosu est un jeune CCA Parisien exerçant actuellement à l’Hôpital Tenon. Il travaille notamment sur les podocytopathies et a publié récemment plusieurs articles dans différentes revues internationales de néphrologie.

 

 

 

AS Garnier

Anne Sophie est elle aussi CCA, dans le service de néphrologie d’Angers.

 

 

 

 

Grâce à eux, le CJN perpétuera son dynamisme, et poursuivra ses différentes actions. Bravo à Yosu et Anne Sophie !

 

Si vous aussi, vous souhaitez vous impliquer dans le CJN, n’hésitez pas à nous contacter !

L’ALTIR recherche un néphrologue!

Etablissement :

  • ALTIR, association Lorraine pour le traitement de l’insuffisance rénale
  • siège : Nancy (Vandoeuvre-lès-Nancy) – 13 centres répartis sur la Lorraine
  • établissement privé à but non lucratif – convention collective CCN 51
  • 8 néphrologues salariés – 9 néphrologues PH dans établissements partenaires et intervenant dans le cadre d’AIG, activité d’intérêt général

 

Activités :

  • entrainement, éducation et suivi de patients en DP
  • entrainement, éducation et suivi patients en HD : domicile ou pour AD
  • suivi de patients en UDM et UDM télésurveillées : 4 centres en Moselle, 2 centres en Meurthe et Moselle, 4 centres dans les Vosges et 2 centres en Meuse
  • possibilité de consultations de néphrologie dans un établissement partenaire (CHRU Nancy, Sarreguemines, Pont à Mousson)
  • astreinte médicale 24h sur 24  et 7 j sur 7 (soit un médecin par jour)
  • participation des médecins aux thématiques certification HAS
  • participation à des protocoles médicaux

 

Contrat :

  • Profil recherché : néphrologue (DESC de Néphrologie)
  • Temps plein, CDI
  • activité salariée (grille FEHAP)
  • ou possibilité temps partiel ALTIR couplé à poste PH au CHR de Metz-Thionville (dans ce cas : activité ALTIR sur les centres ALTIR de Metz-Thionville)

Contact : n.cordebar@chru-nancy.fr

BJN#59 Vos patients sont hypertendus, et si leurs cils en étaient la cause ?

Role of the Primary Cilia on the Macula Densa and Thick Ascending Limbs in Regulation of Sodium Excretion and Hemodynamics

La dysfonction du cil primaire des cellules épithéliales tubulaires rénales est responsable de différentes pathologies telles que la polykystose hépato-rénale ou la néphronophtise.

Une équipe américaine a développé un modèle de souris inactivées pour le cil primaire présent dans la branche large ascendante et la macula densa. Ces souris KO avaient un développement normal et une fonction rénale non altérée avec, en particulier, une absence de kyste rénal. Le réflexe tubulo-glomérulaire (RTG) a été étudié chez ces animaux. Ce RTG est un mécanisme de protection secondaire à une augmentation de chlorure de sodium dans la macula densa, entraînant une vasoconstriction de l’artériole afférente, et ainsi une diminution du débit sanguin (et donc de filtration) glomérulaire.

Le RTG en cas d’augmentation du volume extracellulaire était significativement augmenté chez les souris KO comparées aux souris sauvages in vitro (Figure de gauche réalisée par perfusion tubulaire et artérielle de l’appareil juxta-glomérulaire) et in vivo (variation du DFG induite par l’augmentation du volume extracellulaire inférieure à celle des souris sauvages). Ces résultats indiquent que le cil primaire est nécessaire pour la régulation du RTG ; l’absence de cil augmentant ce RTG. Cet effet semble secondaire à une action du cil sur la régulation de la production de NO, agent vasodilatateur inhibant le RTG.

En régime riche en sodium, les souris KO développent une hypertension artérielle significative (Figure de droite) associée à une natriurèse plus basse que les souris sauvages, témoignant de l’impossibilité d’adapter complètement leur bilan sodé.

BJN 59 - Fig1 BJN 59 - Fig 2

Cette étude, novatrice dans le domaine peu exploré du cil primaire, révèle un de ses rôles dans la branche large ascendante de Henle et la macula densa dans la régulation du RTG. Une dysfonction du cil primaire dans les hypertensions artérielles « sensibles au sel » est une possibilité. Le rôle du cil primaire dans les autres segments tubulaires ou dans d’autres fonctions tubulaires reste à déterminer.

Merci à Lucile Figueres (Néphrologue à Paris, membre du conseil scientifique du CJN) pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

Les jeunes Néphrologues publient #5 : apport de l’échographie pulmonaire dans l’évaluation de l’état d’hydratation en post-transplantation rénale immédiat

Apport de l’échographie pulmonaire dans l’évaluation de l’état d’hydratation en post-transplantation rénale immédiat : étude prospective monocentrique chez 36 patients

Le CJN s’attache à mettre en avant les travaux scientifiques de ses membres et de la jeune génération néphrologique. Nous relayons ici le poster de Clément Mottola et son équipe (Nancy) Félicitation à eux pour ce travail!

Poster

BJN#58 Cachez ce chlore que je ne saurais voir

Clinical and Genetic Spectrum of Bartter Syndrome Type 3

Introduction

Puisque c’est enseigné comme tel dans nos livres, les néphrologues (nous quoi) pensent au syndrome de Bartter lorsqu’il y a une hypokaliémie, surtout quand ils ne trouvent pas d’autre cause. Du coup, des générations entières de néphrologues pensent qu’il faut une anomalie d’un transporteur rénal de potassium pour générer cette hypokaliémie. En fait, pas du tout ! Bartter et Gitelman, en gros, c’est un peu la même maladie : tout part d’une perte rénale de sel (de chlorure de sodium, NaCl). Dans le Bartter, la perte vient de l’anse de Henle, dans le Gitelman, ça vient du tube contourné distal (simple, non ?). Bon ben, on a tous appris (grâce à nos fameux bouquins) que le Bartter c’est méchant (néphrocalcinose, dialyse, tout ça…) alors que le Gitelman c’est tout gentil (hypomagnésémie, petite hypokaliémie, quoi). En plus, le Bartter, c’est chez l’enfant, alors que le Gitelman, c’est plutôt chez l’adulte.

Sauf que le syndrome de Bartter a été divisé en 3 « sous-types » : l’anté/néo-natal (qui se révèle à la naissance ou in utero), le classique (plutôt chez l’enfant ou le jeune adolescent) et…celui qui ressemble farouchement à un Gitelman. C’est précisément à ce syndrome de Bartter-là que s’est intéressée cette équipe française. Il s’agit du syndrome de Bartter 3 qui est dû à une anomalie du gène codant pour CLCNKB (un canal chlore basolatéral de l’anse de Henle).

 

Patients/matériels et méthodes

Il s’agit d’une des plus grosses séries mondiales (115/111 patients/familles), recueillie entre 2001 et 2014.

Génotypage de tous les cas avec perte rénale de NaCl. Analyse bioinformatique et étude fonctionnelle des mutations non décrites par expression hétérologue (oocytes de xénopes).

Corrélation génotype/phénotype. Recueil rétrospectif des données cliniques.

 

Résultats

30 patients (26%) ont été diagnostiqués à l’âge adulte (en médiane 28 ans, le plus âgé à 42 ans) et présentaient une forme ressemblant nettement à un syndrome de Gitelman. Leur perte rénale de NaCl est moins prononcée et ils ont moins de complications rénales que ceux qui débutent la maladie à un âge plus jeune. Enfin, ils ont le plus souvent des mutations faux-sens que les autres (qui ont plutôt des délétions, des décalages du cadre de lecture et/ou des troncatures).

BJN58-Figure 1

La perte rénale de chlore est bien plus marquée dans le syndrome de Bartter 3 (mutation du gène codant pour CLCNKB) que dans les 1 (NKCC2) et les 2 (ROMK).

BJN58-Figure 2

 

Discussion

Il est très probable, que compte tenu que CLCNKB est aussi exprimé dans d’autres segments du néphron (comme le tube contourné distal), ces formes « peu sévères » reflètent plutôt d’une atteinte de ce segment que de la branche large de l’anse de Henle.

 

Conclusion

Le syndrome de Bartter 3 peut se diagnostiquer à l’âge adulte lorsqu’il y a une perte rénale de chlorure de sodium. Il peut se présenter dans un 1 cas/4 sous la forme d’un syndrome de Gitelman.

Il faut regarder le chlore (dans le sang et l’urine) quand on est néphrologue !

 

Les plus du papier

Une très grande cohorte par une équipe experte.

Corrélation génotype/phénotype.

 

Les critiques

Rétrospective, manque d’analyse des apparentés du premier degré le plus souvent.

Grande variabilité dans le suivi et manque de données initiales.

 

Merci à Jean-Philippe Bertocchio (Néphrologue à Paris, Président du CJN) pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

Néphroquiz : la solution !

Comme chaque année, le CJN organise la session Néphroquiz du congrès de la SFNDT. Elle a remporté un franc succès, et voici les réponses !

Cliquez sur les posters pour les agrandir

Cas n°1 : Acidose post-rénale

Le premier cas était celui d’un patient avec une acidose métabolique hyperchlorémique et des capacités d’acidification urinaire normale (épreuve d’administration de Furosémide-Fludrocortisone). Ce test permet d’évaluer l’action de l’aldostérone sur la sécrétion d’acide dans le canal collecteur (cellules intercalaires alpha). L’administration de Furosémide permet d’augmenter le débit sodé dans le canal collecteur, condition essentielle pour l’action de l’aldostérone (ou de la fludrocortisone). Chez ce patient, l’ammoniurie est normale mais contraste avec un pH urinaire non acide pendant l’épreuve et une bicarbonaturie vraie. Une acidose tubulaire proximale aurait pu être évoquée devant la bicarbonaturie mais dans ce cas, la synthèse/sécrétion d’ammonium serait altérée également.

acidose post rénaleDans le contexte de néo-vessie iléale, le diagnostic d’acidose métabolique post rénale a été évoqué. L’acidose est présente chez 70-80 % des patients avec néo-vessie iléale dans des petites cohortes, mais seulement 1 % souffre d’une acidose métabolique sévère comme notre patient (qui cumulait d’ailleurs avec une acidose respiratoire, probablement par bronchopathie post tabagique). La physiopathologie de l’acidose est liée à la présence à la partie apicale des cellules d’un co-transporteur chlore/bicarbonate. L’urine « stagnant » dans cette vessie iléale est riche en chlore et ne contient pas de bicarbonate, facilitant ainsi l’action de ce co-transporteur et la perte de bicarbonates. Le traitement consiste en une supplémentation en bicarbonates. Devant la physiopathologie de l’acidose, une réduction des apports de chlorure de sodium (diminution de la chlorurèse) et du temps de stase vésicale (augmentation du nombre d’auto-sondages) nous a paru essentiel. L’évolution a été favorable sous ce traitement mais une acidose métabolique discrète a persisté.

 

Références :

1: Chang SS, Koch MO. The metabolic complications of urinary diversion. Urol Oncol. 2000 Mar-Apr;5(2):60-70.

2: St Clair JW, Wong ML. Ileal Neobladder: An Important Cause of Non-Anion Gap Metabolic Acidosis. J Emerg Med. 2017 May;52(5):e179-e182.

 

 

Cas n°2 : Bilharziose urinaire et digestive

 

La deuxième patiente, transplantée rénale avait une symptomatologie digestive avec hématurie macroscopie intermittente et vessie porcelaine (cf. tomodensitométrie).

 

bilharziose néphroquizzCette schistosomiase touche 200 millions de personnes dans le monde, avec une couverture thérapeutique faible (entre 20 et 40 % des personnes porteuses seulement sont traitées). 200 000 décès sont attribués à la bilharziose chaque année. La dernière contamination en métropole était en 2014 en Corse. Le traitement de première intention est le Praziquantel (Biltricide®) par voie orale. Les schistosomes sont résistants à l’Ivermectine (Stromectol®) donnée en première intention dans les déparasitages (hyperéosinophilie isolée). La suite du cas clinique faisait évoquer une mastocytose systémique, hémopathie maligne caractérisée par une infiltration des organes par les mastocytes. La symptomatologie de cette pathologie associe en particulier des flushs (épisodes d’érythèmes et sensation de chaleur, spontanément résolutifs en moins de 30 minutes), des manifestations anaphylactoïdes et des signes digestifs aspécifiques. Une pancytopénie centrale est possible en particulier du fait de l’infiltration médullaire.

 

Références :

– Relevé épidémiologique OMS

– Pardanani A. Systemic mastocytosis in adults: 2015 update on diagnosis, risk stratification, and management. Am J Hematol. 2015 Mar;90(3):250-62.

 

Cas n°3 : Maladie des griffes du chat

 

Le cas n°3 présentait le cas d’un patient avec adénite fébrile localisée, associée à une hypercalcémie extraparathyroïdienne. L’analyse histologique du ganglion objectivait des zones de nécrose avec des cellules géantes sans prolifération lymphomateuse ni argument pour une tuberculose. La PCR Bartonella henselae réalisée directement sur le ganglion prélevé a permis de confirmer le diagnostic de Bartonellose (maladie des griffes du chat). Un traitement par Doxycycline a été débuté (contre-indication théorique des macrolides, qui est le traitement de première intention, du fait du risque d’interaction médicamenteuse avec l’anticalcineurine). La maladie des griffes du chat est une pathologie sous diagnostiquée car elle peut s’amender spontanément chez l’immunocompétent. Le contact avec le chat (griffure, morsure, léchage de plaie) n’est pas toujours retrouvé. L’hypercalcémie est rare et secondaire à une hypercalcitriolémie (production de 1 alpha hydroxylase par les granulomes). Chez l’immunodéprimé, l’évolution peut être péjorative avec en particulier un risque d’endocardite.

 

Référence :

Shamekhi Amiri F. Bartonellosis in Chronic Kidney Disease: An Unrecognized and Unsuspected Diagnosis. Ther Apher Dial. 2017 Oct;21(5):430-440.

 

Et pour ceux qui veulent réviser les cas de l’année dernière : c’est !

L’équipe de Romans sur Isère recherche un assistant

 

Nous sommes 4 PH dans un petit CH périphérique proche de Valence, Grenoble et Lyon,

  • Service hémodialyse avec centre lourd (16 postes) UDM (11 postes) et autodialyse (8 postes) sur site.
  • Dialyse péritonéale : 26 patients, 3 IDE dédiées
  • Service d’hospitalisation de 10 lits,
  • Activité de consultation, suivi post-greffe,
  • Education thérapeutique

LLL’activité est variée avec la possibilité de faire des biopsies sur place (Echo guidée), un staff avec les chirurgiens vasculaire (extérieurs à l’établissement), un staff de dialyse. Nous travaillons en collaboration étroite avec le CHU de Grenoble notamment pour l’interprétation des biopsies, la participation aux staffs de néphrologie, la Web-RCP pour les dossiers de greffe.

Le Le tout dans une ambiance sympathique !

AstAstreintes (1 ou 2 jours par semaine, 1 WE par mois)
Un poste interne pourvu.
Un poste de PH sera disponible à la fin de l’assistanat.

Un poste d’assistant partagé peut être envisagé.

 

Date : 01-11-2017

Durée 2 ans

Contact : Dr Jenny LANCON

04 75 05 77 58

j.lancon@hopitaux-drome-nord.fr

Les jeunes Néphrologues publient #4 : Roles of APOL1 G1 and G2 variants in sickle cell disease patients: kidney is the main target

Le CJN s’attache à mettre en avant les travaux scientifiques de ses membres et de la jeune génération néphrologique. Nous relayons ici l’article de Raphaël Kormann et son équipe (Paris), dans le British Journal of Haematology. Félicitation à eux pour ce beau travail!

Roles of APOL1 G1 and G2 variants in sickle cell disease patients: kidney is the main target

Raphaël Kormann,1,2 Anne-Sophie Jannot,2,3,4, Celine Narjoz,2,5,6, Jean-Antoine Ribeil,2,7,8,9, Sandra Manceau,2,7 Marianne Delville,2,7,9 Valentin Joste,2,5 Dominique Prie,2,10,11 Jacques Pouchot,2,12 Eric Thervet,2,6,13 Marie Courbebaisse1,2,10, and JeanBenoît Arlet2,12,14,

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/bjh.14842/abstract

1 Physiology Department, Georges Pompidou European Hospital, APHP, 2 Paris Descartes Faculty of Medicine, 3 INSERM UMR 1138- E22: Information Sciences & Personalized Medicine, 4 Medical Informatics, Biostatistics and Public Health Department, Georges Pompidou University Hospital, 5 Biochemistry Department, Georges Pompidou European Hospital, APHP, 6 Institut National pour la Sante et la Recherche Medicale (INSERM) UMR-S 1147, 7 Biotherapy Department, Necker Children’s Hospital, APHP, 8 Biotherapy Clinical Investigation Centre, Groupe Hospitalier Universitaire Ouest, APHP, INSERM, 9 Centre de Reference des Syndromes Drepanocytaires Majeurs, Necker-Enfants-Malades University Hospital, APHP, Universite Paris 5, 10 INSERM U1151-CNRS UMR8253, 11 AP-HP, Necker Children’s Hospital, Physiology Department, Paris Descartes University, 12 Internal Medicine Department, Sickle Cell Referral Centre, Faculté de Médecine Paris Descartes, Sorbonne Paris-Cité et APHP, Georges Pompidou University Hospital, 13 Department of Nephrology, Georges Pompidou University Hospital, APHP, and 14Laboratory of Excellence GR-Ex, Paris, France Receiv

Résumé : 

Les variants APOL1 G1 et G2 sont associés à un risque accru de néphropathie drépanocytaire chez les patients afro-américains atteints de drépanocytose.

Pour déterminer le rôle des variants de APOL1 dans une population de patients drépanocytaires vivants en Europe, nous avons génotypé 152 patients atteint de drépanocytose [âge 30,4 (24,3 – 36,4) années], principalement d’origine sub-saharienne, pour les variants G1 et G2 de APOL1 et pour quatre autres variants (GSTM1, GSTT1, GSTP1 et HMOX). Les génotypes homozygotes ou double hétérozygotes pour APOL1 G1 et G2 étaient fortement associés avec l’insuffisance rénale terminale (p = 0,003) et avec le stade KDIGO (p=0,001). De plus, ces génotypes étaient associés d’une manière âge-dépendante avec un plus faible débit de filtration glomérulaire (DFG, p = 0,008), une plus forte protéinurie (p=0,009) et une plus forte albuminurie (p<0,001), mais pas avec les autres complications habituelles de la drépanocytose. Comparé aux génotypes hétérozygote G1/allèle sauvage, les génotypes G2/allèle sauvage étaient associés à un DFG plus faible (p=0,04) de façon dépendante de l’âge, suggérant que les patients G2/allèle sauvage ont un pronostic rénal plus défavorable. Aucune autre association n’a été retrouvée entre les autres variants étudiés et les atteintes drépanocytaires.

Nos données indiquent que la recherche des variants d’APOL1 devrait être considérée pour la prise en charge des patients drépanocytaires, incluant ceux d’origine autres que afro-américain, étant donné que les patients homozygotes ou double hétérozygotes pour les variants G1 et G2 de APOL1 sont clairement plus à risque de développer une néphropathie drépanocytaire. 

Sans titre

Évolution de (A) albuminurie / créatininurie, (B) protéinurie / créatininurie, et (C) eGFR en fonction de l’âge chaque patient atteint de drépanocytose et leur haplotype APOL1. Chaque cercle représente une valeur enregistrée pour un individu. Les lignes colorées représentent les moyennes de toutes les valeurs disponibles pour chaque haplotype APOL1.