BJN#97 – Où l’on reparle du potassium en dialyse…

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BJN#97 – Où l’on reparle du potassium en dialyse…

Serum-to-dialysate potassium gradient and its association with short-term outcomes in hemodialysis patients

Merci à Clothilde Müller, Néphrologue à Strasbourg et membre du Conseil Scientifique du CJN, pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

Introduction

Il s’agit d’une étude à large échelle sur les hospitalisations de toute cause et cardio-vasculaires, admissions aux urgences, et mortalité, liées au gradient du potassium plasmatique prédialyse et celui du bain de dialyse, selon les jours de dialyse, et le moment de survenue de l’évènement.

 

Patients/matériels et méthodes

Cette étude américaine prospective a rassemblé plusieurs centres avec mesure potassium plasmatique prédialyse, et celui du bain, avec étude selon les jours de dialyse. Le gradient plasmatique/ bain a été catégorisé par mEq/l en un continuum. La référence prise était un gradient de 2 à 3 mEq/l.

 

Résultats

Le nombre de séance analysées a été de 830741, avec 62388 patients. Les patients avec les plus hauts gradients de potassium étaient plus jeunes, avec des scores de comorbidités plus bas, un meilleur statut nutritionnel et de plus grands volumes d’ultrafiltrations. Pour les gradients les plus forts (4 à 5mEq/l et >5mEq/l), ils trouvaient en analyse multivariable un risque ajusté de respectivement 26 et 59% plus haut que la référence pour le risque d’hospitalisation le jour et le lendemain de la séance d’hémodialyse. De même ce risque était plus haut de 17 et 54% pour les mêmes gradients, concernant les admissions aux urgences. Par contre il n’y avait pas de sur-risque significatif mis en évidence pour les hospitalisations pour motif cardio-vasculaire et la mortalité.

 

Conclusion

De forts gradients entre le potassium plasmatique et celui du bain majorent le risque d’hospitalisation et d’admissions aux urgences le jour et le lendemain de la séance d’hémodialyse.

 

Les plus du papier

On a la confirmation qu’un fort écart entre la concentration sanguine et le bain en potassium est néfaste, car non seulement il existe un sur-risque d’hospitalisation et de passage aux urgences, mais de plus une sous-estimation de ce risque est probable car le groupe à fort gradient était une population plus jeune, avec moins de comorbidités et un meilleur statut nutritionnel, donc logiquement moins hospitalisés. L’intérêt des enregistrements rythmiques prend tout son sens.

 

Les critiques

Cette étude s’inscrit dans une thématique déjà largement balayée, cette étude n’apporte pas d’informations fondamentalement nouvelles.

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