5 – Essor et déclin du double blocage du SRAA

  • Les IEC et les ARA2, malgré leur efficacité incontestable, ne parviennent pas à contrôler totalement l’HTA et la protéinurie chez 50 % des patients
  • Plusieurs explications et travaux ont permis de comprendre les causes de ce semi-succès :
    • Les mécanismes de l’HTA sont multiples et ne dépendent pas uniquement de l’activation du SRAA
    • Il existe une activation de mécanismes de contre régulation.
      • Ainsi, les IEC entraînent une augmentation de la concentration de rénine circulante tandis que les ARA2 entraînent une augmentation des concentrations de rénine et d’angiotensine 2,
    • Le blocage assuré par les IEC et les ARA2 est incomplet et limité dans le temps et certains patients gardent des concentrations élevées d’angiotensine 2 sous IEC ou d’aldostérone sous ARA2 (1).
      • La persistance de ces concentrations élevées apparaît associée à un moins bon pronostic chez les patients avec une insuffisance cardiaque congestive mais également avec un moins bon pronostic rénal dans la néphropathie diabétique (Figure)  (2,3)

  • Du fait des limites des IEC et ARA2 en monothérapie, plusieurs essais ont testé l’association de ces deux classes dans les néphropathies
  • L’essai COOPERATE en 2003 avait mis en évidence un bénéfice de l’association trandolapril et losartan chez des patients avec une MRC non diabétique. L’étude a été rétractée en 2009 mais a été à l’origine de débats passionnés dans la communauté néphrologique.
  • L’étude ONTARGET en 2008 sur 25620 patients à haut risque cardiovasculaire n’a pas montré de bénéfice cardiovasculaire de l’association ramipril + telmisartan  par rapport au ramipril ou au telmisartan en monothérapie.
    • Il était retrouvé une majoration des épisodes d’insuffisance rénale aiguë.
    • ONTARGET n’était toutefois pas une étude avec une proportion importante de patients avec une MRC (1).
  • Chez les patients avec une néphropathie diabétique protéinurique, l’étude VA NEPHRON-D n’a pas retrouvé d’effet protecteur sur un critère combiné (diminution du DFG > 30mL/min/1,73m2, décès ou IRCterminale) de l’association lisinopril-losartan par rapport à une monothérapie
    • Cette étude a été stoppée prématurément en raison d’un surrisque d’IRA et d’hyperkaliémie malgré une diminution de la protéinurie plus marquée dans le groupe avec un double blocage (Diminution de 786 à 517mg/g du ratio versus 829 à 701mg/g dans le groupe monothérapie ; p<0,001) (2).
  • A noter qu’il est possible que l’effet antiprotéinurique du double blocage puisse être également obtenu par l’utilisation de doses supramaximales d’IEC/ARA2 (3)
  • Ces échecs expliquent que double blocage pour la prise en charge des néphropathies protéinuriques ne soit actuellement presque plus employé et réservé à des patients très sélectionnés. L’apparition des iSGLT-2 a encore réduit la place pour le double blocage.

 

CJNephro

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