BJN #275 – blocage de BAFF et APRIL dans la néphropathie à IgA
Merci à Charlotte Jaulerry, néphrologue à Reims, de nous fournir cette BJN.
Celle-ci est en rapport avec l’article , publié dans le NEJM en 2025.
Introduction
La néphropathie à IgA, la glomérulopathie primitive la plus fréquente au monde, est une néphropathie caractérisée par l’accumulation mésangiale de complexes immuns contenant des IgA. Chez au moins 50 % des patients, elle conduit à une insuffisance rénale ou au décès dans les 10 à 20 ans suivant le diagnostic.
L’atacicept est une protéine de fusion TACI-Fc, qui inhibe deux cytokines immunorégulatrices clés : le facteur d’activation des lymphocytes B (BAFF) et le ligand inducteur de prolifération (APRIL), considérées comme essentielles à la physiopathologie de la néphropathie à IgA.
L’essai ORIGIN 3, le plus récent, teste la dose maximale d’atacicept déjà utilisée dans l’essai ORIGIN 2b sur une période de 2 ans, chez un groupe similaire de patients atteints de néphropathie à IgA. Ce rapport résume les résultats de l’analyse intermédiaire à 36 semaines.
Nous vous présentons donc ici les résultats intermédiaires de l’étude ORIGIN 3, concernant l’évaluation d’un anti BAFF/APRIL.
Patients/matériels et méthodes
Cette étude multicentrique incluait des adultes avec une IgAN prouvée à la biopsie rénale, une protéinurie en moyenne à 1.7g/g (malgré 99% des patients avec un BSRA et 56% avec un iSGLT2). Les patients étaient randomisés en 1:1 pour recevoir l’atacicept (150mg/semaine) ou un placebo pendant 104 semaines.
Le critère d’évaluation principal était la variation en pourcentage du rapport protéinurie/créatininurie des 24 heures par rapport à la valeur initiale à la semaine 36. La tolérance a également été évaluée.
Résultats
203 patients ont été inclus, 106 patients dans le groupe atacicept et 97 dans le groupe placebo. L’âge moyen était de 40 ans avec 46% de femmes.
À la semaine 36, la réduction du rapport protéinurie/créatininurie par rapport à la valeur initiale était de 45,7 % dans le groupe atacicept et de 6,8 % dans le groupe placebo, soit une différence moyenne entre les groupes de 41,8 % (intervalle de confiance à 95 %, 28,9 à 52,3 ; p < 0,001). Des événements indésirables ont été observés chez 59,3 % des patients du groupe atacicept et chez 50,0 % de ceux du groupe placebo ; la plupart étaient d’intensité légère ou modérée. Il y avait plus de diminution d’hématurie dans le groupe atacicept (81% versus 20%).
Conclusion
Dans cette analyse intermédiaire, le traitement par atacicept a entraîné une réduction de la protéinurie significativement plus importante que le placebo à la semaine 36 chez les patients atteints de néphropathie à IgA.
L atacicept apparait comme une piste intéressante pour traiter les néphropathies à IgA protéinuriques.
Les plus du papier
Essai randomisé multicentrique en double aveugle
Patients déjà sous traitement optimal (99% des patients étaient sous BSRA et 56% sous iSGLT2)
Les critiques
Pas de données histologiques (classification d’Oxford)
Population caucasienne sous représentée (28%) ainsi que afro américaine

