BJN#121 – HDF : faut-il encore des preuves ?

non-classe/hdf-faut-il-encore-des-preuves-6701

BJN#121 – HDF : faut-il encore des preuves ?

Patient survival on haemodiafiltration and haemodialysis: a cohort study using the Australia and New Zealand Dialysis and Transplant Registry

Merci à Thibault Dolley-Hitze, Néphrologue à Saint-Malo, membre du conseil scientifique du CJN, pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

Introduction

Le bénéfice de survie apporté par l’HDF ne semble pas encore évident malgré les nombreuses études publiées jusqu’à présent. Les auteurs de cet article ont repris les données du registre ANZDATA afin d’analyser la survie de patients traités par hémodialyse conventionnelle ou HDF.

Patients/matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude basée sur le registre australien et néozélandais, ANZDATA, menée entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2014 chez tous les patients adultes incidents en hémodialyse chronique. Les données démographiques, les comorbidités, le type de traitement (HD conv ou HDF) ont été pris en compte dans cette analyse.

Résultats

26961 patients ont été inclus dans l’étude. 4110 patients ont été traités par HDF. Le délai médian de suivi était de 5.31 années. 25% (1014) ont débuté l’épuration extrarénale par l’HDF et 75% (3096) ont été switchés vers cette technique après un délai de 2.69 ans. 60% (2447) ont été traités de manière permanente par HDF. Il existait une différence de pratique entre les 2 pays qui a conduit à réaliser des analyses pays par pays. Les patients traités par HDF étaient plus comorbides (obésité, diabètes), plus âgés et une plus faible proportion d’entre avaient été transplantés rénaux avant d’être dialysés. Le débit sanguin prescrit était plus élevé chez les patients en HDF, ils étaient plus souvent traités au rythme de 3 séances par semaine, avec moins de séances prolongées au-delà de 5h et avec une dose d’EPO moins importante. L’accès vasculaire et le contrôle du bilan phospho-calcique étaient identiques dans les 2 groupes.

11503 patients sont décédés durant la période de l’étude, 753 parmi les patients traités par HDF et 10750 en HD conv. La mortalité brute était plus faible parmi les patients HDF (8.87 vs 14.95 décès pour 100 patient-années). En analyse multivariée, la mortalité est moindre pour les patients en HDF aussi bien en Australie (HR 0.79, IC 0.72-0.87, p<0.001) qu’en Nouvelle-Zélande (HR 0.88, IC 0.78-1.00, p=0.05). Ce gain de survie porte les causes cardio-vasculaires et non cardio-vasculaires en Australie et sur les causes non-cardiovasculaires.

Conclusion

Ce travail, comparable à celui réalisé à partir du registre REIN, apporte des résultats similaires et confirme le bénéfice de survie apporté par l’HDF sur un autre continent que le continent Européen.

Les plus du papier

Etude de registre sur un nombre important de patient

Durée de suivi importante

Les critiques

Pas d’information sur la réalisation technique des séances d’épuration extra-rénale

Inhomogénéité de pratique entre les 2 pays, mais pas de description de ces différences de pratique

Partager cet article