BJN#147 – De l’hydroxychloroquine pour contrôler la protéinurie dans la néphropathie à IgA ?

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BJN#147 – De l’hydroxychloroquine pour contrôler la protéinurie dans la néphropathie à IgA ?

Effects of Hydroxychloroquine on Proteinuria in IgA Nephropathy: A Randomized Controlled Trial.

Merci à Marie-Julia Ziliotis, contributrice à la BJN, pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

Introduction

Dans la néphropathie à IgA, 30 % des patients évoluent vers l’IRC terminale et la protéinurie est le facteur de risque le plus fortement corrélé au déclin de la fonction rénale. Certains traitements sont suggérés pour contrôler la protéinurie lorsqu’un bloqueur du SRAA est insuffisant, mais ils sont controversés soit du fait d’effets indésirables importants, ou du manque de données. L’hydroxychloroquine (HCQ) est un immunomodulateur qui soulève des espoirs dans cette pathologie.

 

Patients et méthodes

Essai clinique de phase 2 monocentrique chinois randomisé en double aveugle comparant l’HCQ contre placebo chez ses patients majeurs souffrant d’une néphropathie à IgA prouvée histologiquement, avec un DFGe selon CKD-EPI >30 ml/min/1.73 m2 et une protéinurie (PU) entre 0,75 g et 3,5g/24h, malgré la dose maximale tolérée de bloqueur du SRAA depuis au moins 3 mois et un bon contrôle tensionnel. Inclusion prévue de 30 patients par groupe.

 

 Résultats

Les 2 groupes sont comparables, hormis pour le score de glomérulosclérose plus élevé dans le groupe HCQ, DFGe moyen de base : 53,8 ml/min/1.73 m2, PU : 1,7 g/24h et PA : 123/78 mmHg.

Le critère de jugement principal est le pourcentage de diminution de la PU à 6 mois, qui est dede – 48,4% dans le groupe HCQ versus -10% dans le placebo (p <0,001), sans différences entres les sous-groupes avec une PU > ou < 2g/24h ou un DFGe > ou < 45 ml/min/1.73 m2.

Pour les critères secondaires : diminution plus importante de la PU à 2 et 4 mois dans le groupe HCQ vs placebo (-28,4% vs -1,4% et -38% vs -3,5%), 50 % des patients HCQ ayant complété le suivi ont réduit leur PU de 50% (13/26) vs 14% dans placebo (4/27). Le rapport MAC urinaire suivait une tendance similaire à celle de la protéinurie dans les 2 groupes.

Pas de différence de pourcentage de changement du DFGe ou de la fréquence de disparition de l’hématurie.

La pression artérielle est restée stable et bien contrôlée, sans différence entre les groupes.

Pas d’effet indésirable (EI) majeur dans les 2 groupes, 7 EI dans le groupe HCQ (vs 2 dans placebo) dont 1 réduction du DFGe de 29% à 4 mois avec abandon et 1 réduction de 33,4% à 6 mois, 1 allergie cutanée avec retrait précoce.

Conclusion

Dans la néphropathie à IgA, l’hydroxychloroquine, en plus d’un traitement optimisé par bloqueur du SRAA, réduit significativement la protéinurie en toute sécurité. Elle pourrait devenir dans le futur une option thérapeutique.

 

Les plus du papier

Méthodologie

La protéinurie : facteur pronostic le plus fort dans le néphropathie à IgA

Pas d’effet indésirable majeur

Traitement bien (re)connu dans d’autres pathologies, ne modifie pas la réponse anti-infectieuse.

 

Les critiques

Monocentrique

Peu de patients

Patients chinois

Patient avec DFGe relativement préservé

Plus de scores M1, E1 et S1 dans groupe HCQ

Courte durée de suivi, pas d’observation après retrait du traitement

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