BJN#112 – Le pouvoir des trois : dans l’HTA, ça marche !

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BJN#112 – Le pouvoir des trois : dans l’HTA, ça marche !

Fixed Low-Dose Triple Combination Antihypertensive Medication vs Usual Care for Blood Pressure Control in Patients With Mild to Moderate Hypertension in Sri Lanka: A Randomized Clinical Trial

Merci à Aurélien Lorthioir, Néphrologue à Paris et membre du conseil scientifique du CJN, pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

Introduction

L’hypertension (HTA) est la première cause de mortalité et de morbidité cardiovasculaire et sa prévalence ne cesse d’augmenter. De nombreux traitements antihypertenseurs permettent de réduire les évènements cardiovasculaires, mais le contrôle de l’HTA reste médiocre : 1 patient sur 2 n’est pas contrôlé dans les pays les plus riches, 1 sur 4 dans les pays moins riches. L’objectif de cette étude est d’évaluer si une trithérapie anti hypertensive à faible dose, réunie en un comprimé, permettrait de mieux contrôler la pression artérielle (PA) par rapport aux soins habituels.

 

Patients/matériels et méthodes

Il s’agit d’un essai ouvert randomisé, réalisé au Sri Lanka, comparant une trithérapie à faible dose (20 mg de telmisartan, 2,5 mg d’amlodipine et 12,5 mg de chlorthalidone, réunis en un comprimé) aux soins usuels, chez des patients ayant une HTA de grade 1 ou 2 nécessitant l’initiation (patients non traités) ou l’intensification (patients recevant une monothérapie) d’un traitement antihypertenseur. Dans le groupe « soins usuels » le traitement antihypertenseur était librement choisi et adapté par le médecin au cours du suivi : classe médicamenteuse, dosage, ajout successif des traitements, etc.

 

Résultats

Le critère principal de jugement était la proportion de patients atteignant la PA cible (<140/90 mmHg ou <130/80 mmHg chez les patients diabétiques ou atteints d’une insuffisance rénale chronique) à 6 mois. Les critères secondaires étaient la différence moyenne de PA au cours du suivi et les arrêts de traitement en raison d’un événement indésirable.

Parmi 700 patients randomisés (âge moyen 56 ans; 58% de femmes; 29% diabétiques; PA initiale 154/90 mmHg), 675 (96%) ont terminé l’essai. La trithérapie augmentait la proportion de patients contrôlés par rapport aux soins habituels à 6 mois (70% contre 55%, respectivement; différence de risque de 12,7% [IC 95%, 3,2% à 22,0%]; p <0,001). La PA moyenne à 6 mois était de 125/76 mmHg pour la trithérapie contre 134/81 mmHg pour les soins habituels (cf. figure). Dans l’ensemble, 419 effets indésirables ont été rapportés chez 255 patients (38,1% pour la trithérapie versus 34,8% pour les soins habituels), les plus fréquents étant les douleurs musculo-squelettiques, les vertiges, les malaises et syncopes. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes dans la proportion de patients arrêtant le traitement par suite d’événements indésirables (6,6% pour la trithérapie contre 6,8% pour les soins habituels).

BJN112 Fig1

Conclusion

Parmi les patients souffrant d’HTA de grade 1 à 2, le traitement par une pilule contenant de faibles doses de 3 médicaments antihypertenseurs a permets d’atteindre plus rapidement et plus efficacement l’objectif de PA par rapport aux soins habituels. L’utilisation de tels médicaments en tant que traitement initial ou pour remplacer la monothérapie peut être un moyen efficace d’améliorer le contrôle de la PA. C’est d’ailleurs le sens des dernières recommandations de l’European Society of Hypertension qui recommande de débuter d’emblée une bithérapie dans le traitement de l’HTA.

 

Les plus du papier

– Comparaison de la trithérapie avec le suivi classique

– Utilisation de la chlortalidone, plus efficace que l’hydrochlorothiazide

 

Les critiques

– Essai en ouvert

– Suivi court

– Suivi hospitalier et non pas en médecine générale de ville

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