BJN#119 – La transplantation rénale améliore-t-elle les fonctions cognitives chez les patients fragiles?

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BJN#119 – La transplantation rénale améliore-t-elle les fonctions cognitives chez les patients fragiles?

Frailty and Changes in Cognitive Function after Kidney Transplantation

Merci à Charlotte Lohéac, Néphrologue à Paris, membre du conseil scientifique du CJN, pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

Introduction

Chez tous les adultes et encore plus pour les plus âgés, une insuffisance rénale est associée à une détérioration de la fonction cognitive. La restauration de la fonction rénale après une greffe rénale améliore généralement la fonction cognitive. Il n’est pas clair si les receveurs fragiles, avec une plus grande susceptibilité aux facteurs de stress chirurgicaux, obtiennent de telles améliorations cognitives après la greffe ou s’ils subissent un déclin cognitif ultérieur avec l’âge avec une greffe fonctionnelle. La fragilité, un syndrome conceptualisé comme étant l’incapacité de l’organisme à réagir efficacement aux facteurs de stress chroniques et aigus, se distingue de l’invalidité, de la comorbidité et de l’affaiblissement cognitif, mais est liée à ceux-ci et elle est mesurée en utilisant le phénotype de fragilité physique (PFP). La fragilité permet d’intégrer l’hétérogénéité de la population âgée, la notion d’âge physiologique. Le PFP repose sur cinq critères: diminution de poids, faiblesse, épuisement, une faible activité et une lenteur à l’exécution.

Patients/matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude de cohorte américaine avec inclusion de tous les patients transplantés entre 2008 et 2017 de deux centres américains. Ils ont évalué la fragilité (par échelle de fragilité physique) avant la greffe et la fonction cognitive (par MMSE) chez des receveurs de greffe de rein adultes. Pour étudier les effets potentiels de la fragilité à court et à moyen terme sur les trajectoires cognitives post-greffe, ils ont mesuré la fonction cognitive jusqu’à 4 ans après la greffe. À l’aide d’un modèle à effets mixtes ils ont caractérisé les trajectoires cognitives post-greffe selon la fragilité avant greffe.

Résultats

Un total de 665 patients transplantés rénaux ont été inclus et suivis sur une médiane de 1,5 ans. L’âge moyen était de 52 ans et 15,0% étaient fragiles. Après ajustement, les scores cognitifs avant la greffe étaient significativement plus bas chez les patients fragiles que chez les patients non fragiles (89,0 contre 90,8 points). Trois mois après la greffe, les performances cognitives s’amélioraient à la fois chez les patients fragiles (pente = 0,22 point par semaine) et non fragiles (pente = 0,14 point par semaine). Entre 1 et 4 ans après la greffe, les améliorations atteignaient un plateau chez les receveurs non-fragiles (pente = 0,005 point par semaine), tandis que la fonction cognitive diminuaient chez les receveurs fragiles (pente = 20,04 points par semaine). Quatre ans après la greffe, les scores cognitifs étaient inférieurs de 5,8 points à ceux des patients fragiles comparés à ceux des patients non-fragiles.

Conclusion

En moyenne, les receveurs fragiles et ceux qui ne le sont pas subissent une amélioration cognitive à court terme après la greffe. Cependant, la fragilité est associée à un déclin cognitif à moyen terme après la greffe. Les interventions visant à prévenir le déclin cognitif chez les receveurs fragiles doivent être identifiées.

Les plus du papier

  • mesures répétées du MMSE permettant d’obtenir des trajectoires
  • souligne l’importance d’utiliser un score de fragilité en pré-greffe afin de dépister de manière précoce les patients à risque de déclin cognitif

Les critiques

  • nombreux perdus de vue
  • suivi médian court

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