BJN#129 – Veverimer : moins d’acidose, et alors ?

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BJN#129 – Veverimer : moins d’acidose, et alors ?

Veverimer versus placebo in patients with metabolic acidosis associated with chronic kidney disease: a multicentre, randomised, double-blind, controlled, phase 3 trial

Merci à Louis De Laforcade, Néphrologue à Bourgouin Jallieu et vice-président du CJN, pour cette synthèse bibliographique. Vous aussi, n’hésitez pas à nous envoyer vos lectures !

Introduction

L’acidose est une des conséquences métaboliques de l’insuffisance rénale, très fréquente lorsque la maladie progresse (20 % au stade IIIb, plus de 35% au stade IV). Un régime pauvre en protéines d’origines animales, ou une supplémentation, permet de réduire les conséquences de celle-ci. Le Veverimer, chélateur de proton au niveau du tube digestif, permettrait de traiter l’acidose.

Patients/matériels et méthodes

Il s’agit d’un essai multicentrique (USA et Europe de l’Est) randomisé, contrôlé contre placebo, en double aveugle.

Les patients inclus étaient des malades présentant une IRC stade IIIb-IV (DFG entre 20 et 40 mL/min), présentant une acidose avec bicarbonatémie entre 12 et 20 mmol/L. Les patients présentant une acidose nécessitant un traitement urgent, une dégradation rapide de la fonction rénale, une pathologie autre instable étaient exclus.

Les patients étaient randomisés en 2 groupes : Veverimer 6g/j (adapté selon la bicarbonatémie) ou placebo. Les chélateurs du phosphate non calciques n’étaient pas autorisés durant l’étude, de même que les résines hypokaliémiantes (sauf pour des traitements de court terme).

Le critère de jugement principal était composite : augmentation de la bicarbonatémie de plus de 4 mmol/l ou normalisation de celle-ci à 12 semaines. Les critères secondaires comportaient notamment une évaluation du score KDQoL (qualité de vie), sur son aspect physique.

 

Résultats

454 patients ont été screenés, 217 randomisés. L’âge moyen était de 63 ans, 38% était des femmes. 97% des patients étaient hypertendus, 65% diabétiques, 30% insuffisants cardiaques. Environ 80% des patients présentaient une néphropathie diabétique et/ou hypertensive Le DFG moyen était de 29 mL/min, la bicarbonatémie de 17 mmol/l.

A 12 semaines, le critère principal était obtenu chez 59% des patients sous Veverimer contre 22% sous placebo (p<0,001). Les 2 composants du critère de jugement était remplis dans les mêmes proportions.

Concernant le score KDQoL, on notait une amélioration significative dans le groupe Veverimer, mais non significative dans le groupe placebo.

Les principaux effets indésirables étaient digestifs, principalement des diarrhées (17% sous veverimer).

Conclusion

Le Veverimer permet d’améliorer l’acidose chez les patients présentant une insufFisance rénale stade III-IV.

Les plus du papier

  • Résultats pertinents biologiquement
  • Etude du score physique KDQoL intéressante, méritant d’être approfondie dans des essais dédiés, ou étendue à la totalité du score.

Les critiques

  • L’utilisation d’un placebo n’est pas acceptable alors qu’il existe un traitement de référence efficace et peu coûteux (supplémentation orale).
  • La correction d’une valeur biologique à 3 mois permet-elle se projeter sur une amélioration de morbi-mortalité ?
  • L’intervention assez large du sponsor dans l’étude, qui peut laisser un doute quant à la pertinence de celle-ci : « The funder of the study had a role in study design, data collection, data analysis, data interpretation, and writing of the report ».

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